Lutte contre la désinformation et les discours de haine: 72 heures de formation en Fact-checking au profit des étudiants de l'ISCOM.

Le mardi 17 mars à l'Institut Supérieur de la Communication et du Multimédia, a débuté une formation intensive de 72 heures sous le thème « Lutte contre la désinformation et les discours de haine » au profit des étudiants en communication et journalisme, animée par les experts de fasocheck en collaboration avec Fondation Hanns Seidel. Sous la direction de monsieur Dô DAO et de madame Malika TISSOLOBO, cette formation a été l'occasion pour nous de comprendre que dans un monde saturé de fausses nouvelles, développer l'esprit critique n'est plus une option mais une obligation.



Dès le premier jour, la formation a commencé avec M. Do DAO par une mise au point essentielle de certains termes de la désinformation. A savoir :

  • La désinformation : C 'est le fait de diffuser une fausse information dans le but de manipuler les citoyens
  • La mésinformation : C 'est le fait de diffuser une fausse information sans intention de nuire
  • La mal -information : C 'est le fait de diffuser une fausse information ou une vérité avec une volonté de nuire quelqu'un.

Monsieur Dô DAO : Formateur

Les typologies de la désinformation

Au delà des définitions, le formateur à décomposer les différents type de désinformation

Le contenu fabriqué : C'est un contenu totalement créé de toute pièce, sans aucun fondement réel
Le contenu manipulé : C’est un contenu modifié, manipulé
Le faux contexte : Un contenu que l'on associe à un évènement, une date qui n'ont rien à voir avec la réalité ou l'original du contenu.
Les liens erronés et le satire parodie

Le fact -checking (vérification des faits) 

C’est une méthode journalistique qui a pour objectif de vérifier une déclaration publique.

Le fact checking n’est pas une position politique, ni  une révélation, ni une opinion. Ce n’est pas non plus une prise de position publique ou une enquête journalistique ,mais une analyse stricte de la véracité des propos tenus.

D'après le formateur, un bon journaliste de fact-checking se concentre sur les faits précis, les chiffres, les statistiques, les citations exactes et les dates. Il est impossible de vérifier les émotions, les opinions, les croyances religieuses ou les intentions cachés des gens. Le domaine du fact checking ne se limite pas à un seul sujet, il est un domaine transversal. Ses acteurs concernent les journalistes spécialisés, les plates-formes numériques, les chercheurs, les citoyens, les médias traditionnels.

L’intelligence artificielle et la désinformation

Monsieur DAO a défini Intelligence Artificielle comme une branche de l’informatique qui vise à créer des systèmes capables de simuler certaines capacités humaines comme l’apprentissage, le raisonnement. Elle a plusieurs capacités tel-que la déformation textuelle, la déformation visuelle, la déformation d’audio, la manipulation des données.

Comment identifier les contenus créés par l’intelligence artificielle ?

Plusieurs indices visuels permettent de reconnaitre un contenu généré par l’IA notamment les mains et doigts étranges, le texte illisible sur l’image, l’arrière-plan bizarre ou flou, la voix étrange ou robotique. Outre ces signes , il existe des outils de détection performants à notre disposition à l’image Indétectable qui détecte les contenus de texte IA ; Sidntengine.com qui permet de vérifier l’authenticité de l’image et de la vidéo.

La démarche du fact checking

Le processus de vérification de l’information s’articule autour d’une méthodologie. Tout débute par une phase de veille active pour détecter les informations suspectes. Une fois l’information ciblée ; il est essentiel d’identifier la source pour en évaluer la crédibilité, avant de procéder à la collecte des preuves. Ces éléments sont ensuite soumis à une analyse de données approfondie, ce qui permet enfin de rendre un verdict clair sur la véracité des faits.

Ces trois jours de formation avec FasoCheck ont été une prise de conscience pour nous. Mais au delà de cette rigueur technique, le formateur ouvert et attentif, a su créer un moment de confiance dès le départ. Il ne s'est pas contenté de transmettre des connaissances, mais il a su animé nos moments de pauses avec beaucoup d'énergie pour nous permettre de décompresser. 
Nous avons appris que dans le monde du journalisme et de la communication , la rapidité ne doit jamais passer avant la vérité. Aujourd’hui, nous ne regardons plus une simple information de la même manière. Le secret du journaliste, c’est de garder un esprit critique en toutes circonstances. C’est avec cette nouvelle rigueur que nous comptons exercer notre futur métier, pour que chaque citoyen puisse avoir accès à une information simple et vérifiée.



Fabienne KABRE


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